350 000 enfants face « à des conditions de siège » à Mossoul, selon Save The Children

350 000 enfants face « à des conditions de siège » à Mossoul, selon Save The Children

#IrakenGuerre

L’association qualifie la situation à Mossoul de « plus en plus désespérée » tandis que les provisions s’épuisent

Un homme irakien marche devant l’université de Mossoul, une semaine après sa reprise par les forces d’élite irakiennes du contre-terrorisme (CTS) du contrôle de l’État islamique (AFP)
30 janvier 2017
Last update: 
Monday 30 January 2017 16:08 UTC
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30 janvier 2017

Environ 350 000 enfants sont piégés dans des conditions de siège à Mossoul, et menacés d’exécution s’ils tentent de fuir, selon un rapport publié lundi par Save The Children.

Tandis que les forces irakiennes continuent à avancer contre le groupe État islamique (EI) dans leur dernier bastion irakien, les groupes de défense des droits de l’homme ont exprimé leurs inquiétudes quant aux risques présentés par l’artillerie et les armes explosives auxquelles sont exposés les enfants et autres civils.

Maurizio Crivallero, directeur pour l’Irak de Save The Children, a appelé les forces qui combattent dans la ville à prendre toutes les précautions possibles pour éviter la mort de civils.

« Pour un enfant, l’important n’est pas de savoir d’où vient la bombe – mais où elle va atterrir », a-t-il déclaré.

« L’impact des armes explosives à l’ouest de Mossoul sera vraisemblablement mortel et aveugle. Nous devons nous assurer que tous les efforts possibles humainement soient faits pour protéger les enfants et leur famille. »

L’organisation a qualifié la situation à Mossoul de « plus en plus désespérée ». Plus de 750 000 civils sont hors de portée des agences d’aide, et les rations de nourriture, d’eau et de produits de base sont faibles.

« J’ai parlé à ma famille à l’ouest de Mossoul. Ils restent à l’intérieur et n’ont rien à manger ou à boire », a déclaré Mahmoud, un infirmer vivant dans une zone reprise de l’est d’Alep, à Save The Children.

« Personne n’arrive à atteindre les enfants, il n’y a pas de nourriture ou de lait pour les bébés – les marchés sont vides et les provisions sont presque épuisées. »

« Il existe un grand risque pour les familles qui cherchent à fuir – si l’EI voit une famille en train de s’échapper, les combattants les tuent sur place. J’ai essayé de faire enlever les mines et j’ai convenu avec un passeur de les amener ici, mais il s’est désengagé car il a vu une famille de neuf personnes se faire tuer devant ses yeux. »

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré vendredi qu’il a diminué de moitié les rations de nourritures distribuées à 1,4 million d’Irakiens déplacés par la guerre contre l’EI à cause de retards de paiements de fonds par les États donateurs.

« Cette année nous recevons les engagements des donateurs un peu en retard. Nous parlons avec les donateurs mais nous n’avons pas assez d’argent à l’heure actuelle », a déclaré Inger Marie Vennize, porte-parole de l’agence de l’ONU.

« Nous avons dû réduire (les rations) dès ce mois-ci. »

Le programme parle aux États-Unis – son plus grand donateur –, à l’Allemagne, au Japon et à d’autres pour rassembler des fonds pour rétablir des rations complètes, a-t-elle ajouté.

« Les réductions de 50 % des rations par mois affectent plus de 1,4 million de personnes à travers l’Irak », a déclaré Inger Marie Vennize.

L’impact se fait déjà ressentir dans des camps à l’est de Mossoul. Plus de 160 000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne militaire lancée en octobre pour reprendre Mossoul.

« Ils nous ont donné une bonne quantité de nourriture au départ, mais ils l’ont maintenant réduite », explique Omar Shukri Mahmoud du camp Hassan Sham.

« Ils donnent à une famille entière une ration pour une personne… Et il n’y a pas du tout de travail… Nous voulons rentrer chez nous », a-t-il ajouté.

« Nous sommes une grande famille et cette ration ne va pas nous suffire », a déclaré Safa Shaker, 39 ans, qui compte onze personnes dans sa famille.

« Nous nous sommes échappés de Daech (État islamique) pour avoir une chance de vivre et maintenant nous sommes arrivés ici et ils réduisent l’aide. Comment sommes-nous sensés vivre ? » a-t-elle demandé tandis qu’elle cuisinait pour sa famille.

Environ trois millions de personne ont été déplacées de leur maison en Irak depuis 2014, lorsque l’EI a pris le contrôle de larges zones du pays et de la Syrie avoisinante.

 

Traduit de l’anglais (original).